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Liban Art présente les oeuvres de l'artiste peintre et poète Joseph Matar

Liban Article Litteraire Joseph Matar

 

Andrée – ma femme (Suite)

Mais un jour, elle alla avec des amis, voir au Carlton l’exposition d’un peintre qui revenait d’Espagne et de France et était le compagnon d’Ichkanian, le musicien guitariste qui faisait partie du cercle.

Ce soir là, comme par hasard, un ouragan, un orage, une tempête, soufflèrent si fort qu’ils déstabilisèrent l’âme de la jeune Andrée qui visitait l’exposition. Le peintre n’était pas présent lors de la visite, mais les œuvres exposées l’impressionnèrent tant qu’elle en garda le souvenir… Il y avait parmi elles, une peinture représentant trois flamboyants rouges. L’orage se calma en une eau limpide et tranquille. Il pouvait éclater de nouveau n’importe quand. L’exposition terminée, le peintre avait emporté ses œuvres à Jounieh dans son atelier et Andrée qui s’était informée de l’artiste avait repris son travail dans le sien, place des martyrs où des clients de la haute société libanaise et arabes affluaient… et les mains et les doigts des contes de fées d’Andrée ne cessaient de réaliser de belles pièces vivantes, agréables.
La couture est un travail de créativité et de main de fée. Ces mains qui nous accompagnent toute la vie, inlassables font leur travail, mains animées, énergiques, libres, mains qui ont une âme, et qui pensent.

La main est un membre muet et aveugle, mais qui nous parle et observe… et c’est grâce à elle que l’homme a pu évoluer, grâce à ce pouce opposable aux autres doigts et qui permet toute manipulation. La main avec ses cinq doigts et la paume et le poignet est capable de se mouler sur les formes qu’elle manipule. Main gauche ou droite elles sont construites l’une comme l’autre et elles ont les mêmes aptitudes. Par les mains, nous pouvons exprimer notre amour, presser contre notre cœur les personnes chéries, ce que peuvent nos mains est infiniment varié : ces dix doigts des deux mains, couturiers, artistes, musiciens, jongleurs, etc… artisans etc… scribes, les ont agités sous tous les angles, mains agiles, souples, adroites, capables de merveilles. Les premiers contacts avec l’univers et l’existence ont été assurés par les deux mains. Avec elles, nous avons mesuré l’espace, nous avons compté, et calculé ; avec elles, nous avons modelé l’écriture ; les gestes de la main soulignent l’élan, le rythme, la mimique de la parole. Il y eut synchronie entre la voix et la main. Entre la main et l’outil se crée une amitié illimitée : les outils ici sont les ciseaux, l’aiguille, le fil etc… l’une communique à l’autre ses actes, sentiments, vie en façonnant cette matière tissée qu’est l’habit… l’instrument inerte par le biais de la main, devient vie… ce contact, mains – matériaux ‘humanise’ l’usage des matériaux inertes et insensibles et desquels se dégage la vie. La main touche, palpe, caresse, mesure, modèle, pétrit, Adam n’a-t-il pas été pétri par les mains de Dieu ? … et les mains de Rodin ont figuré l’œuvre des six jours ?

Andrée était pleine d’amour pour sa carrière, de goût dans ses confections, et de savoir-faire en modelant les draperies sur le corps humain ; son œil observait juste, elle mesurait à vue la moindre déformation, le manque d’harmonie, d’élan, etc… et elle savait y remédier convenablement. Dieu l’avait dotée de deux mains d’artiste d’une subtilité, habileté, capacité, et vie remarquables. Le tissu entre ses mains alertes, habiles cessait d’être matière et devenait amour, vie, sentiment, forme, etc… N’ai-je pas dit plus haut, qu’elle aimait sa carrière et qu’elle s’exprimait à travers ses œuvres.
La vie à Beyrouth, avec ses ‘tramways’ et ses ruelles typiques était des plus calmes. La vie était programmée autrement qu’aujourd’hui. Elle passait la plus grande partie de son temps en son atelier. Elle venait de temps à autre visiter des parents dans son fief à Jbeil, ou faisant des sorties les dimanches, ou camping, ou assister à un spectacle, à un film etc…
Sous l’eau calme, une houle légère s’éleva dans l’âme solitaire d’Andrée.

Entre l’atelier et la maison de ses vieux parents, la vie devenait monotone. Une après-midi, ayant pris quelques gorgées d’audaces, elle se présenta tenant trois flamboyants rouges, à la porte de l’atelier, du peintre qui avait exposé au Carlton. Ce dernier vivait dans une ancienne demeure avec sa maman.

Elle fut reçue très agréablement, et elle désira acquérir la toile représentant ses fleurs. Ce fut le premier contact. D’Andrée et de Joseph. La maman de ce dernier la sympathisa et demanda à son fils, c’était moi, de penser à se marier : ce serait une conjointe intelligente et honnête et de bonne famille… « je la trouvais aimable, jolie, ».

Les visites se succédèrent, les invitations de part et d’autre, des sorties entre amis. Elle était animée de sentiment, passionnée du beau, véritable amante de la nature, elle y découvrait des beautés qui échappent à l’œil de l’indifférent. Elle savait les idéaliser dans ces conceptions ‘vestimentaires’ et en combiner des éléments pour y donner une empreinte de sa personnalité. Elle cherchait partout la simplicité, malgré le luxe des fêtes, l’éclat des costumes de soie et de brocante, et les vives impressions de la richesse d’effets et de couleurs dans les soirées de galas qui se produisaient de temps à autres. Elle savait même reproduire de l’antique ; 17-18ème siècle par exemple, pour en faire pour un défilé, des costumes de toute beauté et simplicité, noblesse et vérité. Faisant appel à son imagination pour un développement contemporain nécessaire et fonctionnel, surtout pour la jeunesse de notre temps qui se trouve dans des conditions autres, différentes…car la couture, la mode, l’habillement, évoluent avec la civilisation, les époques. La vraie hardiesse, celle que l’on peut admirer chez les grands couturiers résulte du sentiment développé par l’étude et la recherche. Elle travaillait consciencieusement, elle cherchait la perfection en tout, elle refusait catégoriquement le travail à moitié. Patience et volonté allaient de pair. Minutieuse comme une fourmi, combative et hardie pour la justice, le bien, les valeurs. Le mensonge, le laisser-aller dans sa vie n’avaient pas de place. La franchise, la clarté, l’honnêteté étaient à la base de tout accord, contrat, projet, dans l’atelier ou dans l’enseignement ; si elle remarquait que l’élève n’assimulait pas, ne progressait pas, elle en arrêtait l’enseignement et lui expliquait qu’il n’était pas fait pour la couture, et lui remboursait les une ou deux leçons prises. De là, vous pouvez vous faire une idée de cette personne qu’était Andrée. La houle profonde qui soulevait alors son âme, devint violente et perturba son cœur et troubla sa vie. Que venait elle faire près du feu qui couvait, aveugle, rapide et insaisissable ?

Près de quel foyer ardent s’était elle aventurée ? Quelle tempête avait-elle voulu défier ? Un orage, un tsunami aussi rapide et insaisissable que la lumière. Le rythme de sa vie se trouva complètement bouleversé. Une course dans le temps, contre la montre allait commencer. L’existence qu’elle avait connue jusque là devint du passé. Les serviteurs, la cuisinière, le chauffeur… c’était du jadis, ce fut le début des songes des nuits d’Orient ; ce fut l’évasion dans le monde poétique ; ce furent les nuits blanches dans un cycle de créativité continu, ce fut l’infatigable bûcheur, artiste, artisan que j’étais, qui lui ouvrit de nouveaux chemins…

… et un samedi soir, vers 16h, un mois de mai, le mois de la Vierge Marie, Andrée se vit avec quatre ou cinq personnes très intimes dans une église à Harissa recevant la bénédiction nuptiale…

Elle s’était lancée dans cette aventure merveilleuse où génie et folie sont le plat quotidien, cette aventure où tout est renouvellement, surprise, émotion de spontanéité, de singularité… d’évasion, de poésie…

Une vie au rythme vertigineux, matins et soirs, nuits et jours, un mouvement perpétuel révolutionna son existence. Elle vint vivre à Jounieh sans abandonner ses parents, fille unique, à laquelle ils étaient très attachés. Andrée dû liquider son atelier, et le laisser à son associée. Mais elle continua l’enseignement. Elle devait s’occuper de ses élèves… et de ses enfants, car en l’espace de trois ans quatre enfants étaient déjà là, objet de toute attention.

Les enfants choyés, éduqués, bien entourés éveillés, couraient derrière le père partout, et l’accompagnaient dans ses activités… ils mettaient la main partout. Courageuse, Andrée pu faire face à sa nouvelle vie.

Des sorties dans la nature furent organisées souvent, les Cèdres, le Sannine, Tyr, la Bekaa, tout le Mont Liban ; on vivait près de la nature entre amis ; des soirées étaient souvent organisées ; des sorties à la plage… les enfants étaient épanouis, heureux ; c’était l’hymne le plus joyeux qu’on pouvait admirer, écouter…

Une famille qui aimait la lumière, le soleil ; une famille croyante et bénie par le Seigneur, l’optimisme avait sa grande place dans leur cœur. La famille était parfaitement unie chacun était dilué dans l’ensemble. L’égoïsme n’avait pas de place dans leur cœur ; le verbe ‘avoir’ ne se conjuguait jamais à la 1ère personne du singulier. Les enfants formaient une petite troupe, une armée qui sème l’amour ;
un front de refus qui n’admet aucune injustice, aucun tort à autrui, aucune atteinte à l’autre… d’ailleurs c’était un peu cela dans la majorité des familles de la région. La bénédiction et la grâce du Seigneur était dans le menu quotidien. La famille libanaise était généralement très unie. La pollution, le désordre, les drogues etc… et tout ce qui détruit l’âme humaine n’étaient pas dans l’actualité et n’envenimaient pas les esprits.

Les enfants furent baptisés ; chaque baptême fut suivi d’une grande fête et festin. La famille était très aimée et estimé dans la région.

Andrée tenait encore les rênes, quand un beau matin, un événement nous surprit. Il fallut hospitaliser Andrée pour une biopsie. C’était urgent ; une journée d’hôpital, et les résultats des analyses et cultures furent prêtes en deux ou trois jours. On rentra à la maison, toujours pleins d’espoir et ayant foi en Dieu. Le résultat s’avéra dangereux : une tumeur maligne au niveau du sein. Andrée ayant su la gravité de son cas accepta courageusement la nouvelle : « je lutterai pour servir les quatre enfants ». Une semaine d’hôpital et un long traitement et d’autres opérations devaient suivre à l’Hotel-Dieu de France. La Providence voulut que Marie Onsi, l’épouse d’Omar, ait su et demanda un dossier entier sur Andrée qui fut étudié dans la clinique Saint Luc en Suisse, et les médecins présentèrent un traitement miraculeux. Andrée fut sauvée, grâce à Dieu ! les enfants continuèrent à grandir, à s’éduquer, se former etc…

Les étés, on les passait à Faraya et à la mer. Des fois, on passait l’été en Europe, France, Italie, Espagne etc… mais à tour de rôle, quand je prenais les deux filles, les deux garçons restaient avec leur maman, et quand venait le tour des garçons, c’était Andrée qui les accompagnait. On faisait des tournées dans l’antique, la rustique et pittoresque Beyrouth d’avant les événements – en 1975, il y eut une rupture, un arrêt de toute activité. Se déplacer devint périlleux. Nous avions aménagé un petit abri dans le sous-sol de l’immeuble à Jounieh, et dés que les hostilités débutaient, chacun courait y prendre sa place, mais les belligérances devinrent plus farouches et meurtrières, on décida de construire dans le plus bref délai un pied à terre à Eddé-Byblos, et en 1980 la famille se trouva divisée ; les enfants scolarisés à Champville dormaient à Jounieh (Madonna, Jean-Pierre) et William, sa mère et Marina vivaient à Eddé. Les week-ends la famille se retrouvait réunie.

Tous les Libanais de la montagne ont un souci ; celui de donner un bon enseignement à leurs enfants. Dans le temps, les écoles étaient créées autour de l’église du village, du chêne, car à côté de chaque sanctuaire religieux étaient plantés, un chêne vert, ou un noisetier, bref un arbre de fées, comme au temps de Jeanne d’Arc.

Le curé donnait ses cours parfois aux élèves sous le chêne ; d’ailleurs, le dicton pour un diplômé, disait : Diplômé de l’école sous le chêne, et que de sommités ont été formées dans ces écoles-là ! Pour les études supérieures, il fallait s’adresser aux ordres religieux tel l’ordre Libanais qui depuis le XV-XVII siècle avaient sa Faculté des lettres, philosophie, théologie etc… ces derniers envoyaient leur religieux pousser leurs études universitaires en Europe, Italie, Espagne, ou France etc…où ils étudiaient aussi les langues étrangères etc…

Le Libanais a toujours eu une passion pour les études, la connaissance, le savoir. Le premier alphabet qu’il créa, n’est-il pas toujours inscrit dans ses gènes ? Terre de lumière, de rochers, d’arbres, de liberté etc…, nous avons éduqué la planète entière depuis plus de trois ou quatre millénaires… l’analphabétisme n’a point de place ici, garçons et filles sont égaux devant le savoir et devant Dieu, la justice, les principes etc…Au Liban et dans certaines communautés en particulier la femme avait ses droits bien avant la déclaration des droits de la femme. Elle pouvait faire son choix librement, se marier ou rentrer dans les ordres… devenir directrice de couvent, acquérir un métier, sage-femme, couturière, pâtissière, cuisinière… brodeuse etc…

La femme libanaise est à égalité maîtresse de maison et maman des enfants, présidente d’associations de tout genre, animatrice de réceptions mondaines ou familiales.

Puis les enfants sont entrés dans les universités ; chacun a commencé sa vie, vécu ses passions, choisi ses amis, ce qui va libérer Andrée de trop d’engagements, et la libérer de son tourbillon d’époux pour jouir de plus de calme et de répit…
Elle va planifier ses sorties, ses programmes avec ses enfants… elle se sent plus libre, moins stressée et elle pourra suivre le rythme de son âme, de son caractère.

Pendant tout ce temps, elle n’avait cessé de confectionner, et d’habiller enfants, filles, parents, et gens du voisinage… et amis… Elle travaillait en silence avec amour et patience comme une fourmi…

Le climat à Eddé lui était bénéfique l’air est plus sec et plus pur qu’à Jounieh. Elle me disait souvent : « que de travail a faire dans cette boite, plus que dans un restaurant, ou un hôtel. » en réalité, notre maison débordait de gens, matins, midis et soirs, et la nuit quelquefois !

La maison fut agrandie, l’atelier de peinture occupa un étage entier… des fois, où les bombardements s’intensifiaient, on se trouvait plus de vingt ou trente personnes et nous étions très heureux de les servir et d’en être les hôtes, on avait du personnel pour les travaux et le maintien de l’ordre de la maison.

Pourquoi ne pas aller chercher une famille de la Syrie : père, mère, enfants ? Qui chez nous pourraient faire tout le service et gagner leur vie ; ils seraient parmi tous ces ouvriers qui travaillaient avec nous ». A l’époque j’avais un étrange Alepin qui travaillait ici. C’est lui qui l’avait encouragée pour une pareille affaire. Nous étions vers les années 1989-1990, les tristes événements du Liban venaient de prendre une autre tournure : la Syrienne.

En réalité, il faut le dire, ce qui fut vraiment blessant ce fut la guerre entre pays frères, comploteurs, des mains criminelles, ont pu mobiliser leurs agents pour la traîtrise, la lâcheté, la destruction de toutes nos régions…
Après maintes discussions à la maison, on put choisir qui accompagnerait Andrée jusqu’à Alep. Une tournée touristique et d’affaire à la fois. Un conseil de famille avait proposé que Madona accompagnerait Andrée, puis on opta pour Marina, et enfin ce fut William qui fut choisi, Jean-Pierre qui les accompagnait jusqu'à Tripoli pour les installer en Pullman, leur avait réservé les sièges 1et 2 juste derrière le conducteur. William en entrant dans le Pullman vit que deux demoiselles s’étaient assises aux sièges 1 et 2 et en vrai gentleman n’en dit rien et ils allèrent s’asseoir au fond de l’autocar. A quelques kilomètres d’Alep un malheureux accident se produisit qui fit plus d’une trentaine de victimes et les quatre ou cinq survivants ne résistèrent pas tous à leurs blessures.

Andrée en sortit complètement fracturée, brisée, blessée et environ une trentaines de fractures, ce qui nécessita plus de trois ans d’hospitalisations et de soins. Quant à William, des dizaines de blessures, fractures excessivement graves. Le Seigneur les avait épargnés…

Courageuse, elle s’efforce de lutter, plus farouche, plus audacieuse, plus combative, plus persévérante… et bientôt se retrouva debout, active, vivante…

Puis les enfants se marièrent les uns après les autres sauf un, William. Elle eut bientôt à faire face à des préoccupations de jeunes, « téta » de nombreuses petites filles l’entourent, courant de tous côtés à son plus grand plaisir…

Elle réussit à nouveau à exercer ses mains et ses doigts afin de pouvoir pratiquer ce qui avait été longtemps sa passion. La confection, et elle y parvint, cela l’occupait des heures… elle n’était pas du type de femme qui fainéantise devant les T.V. elle était une personne active emportée dans une houle sans répit. Elle croit beaucoup à la Providence, que nous appelons nous, la chance, elle se dit la vie n’est pas la science, les titres et les capacités etc… tout cela ne représenté plus pour elle que dix pour cent, les quatre vingt dix autres dans la vie, c’est la chance, ce que nous accorde le Créateur… Quand la bonne étoile se présente il faut savoir lire ce qui est écrit dans les étoiles.

Il lui y est écrit de persévérer dans sa lutte, de ne pas capituler, d’être éternellement forte.

Elle trouve aussi occupation dans l’éducation d’une nouvelle génération, ses petits enfants : curieusement sept filles pour le moment, nombre mystérieux, toutes adorables, intelligentes et rebelles quelquefois.

Andrée n’est plus la jeune femme des années soixante, mais elle est toujours la même dans sa sincérité, sa simplicité, son amour pour autrui, dans la droiture et l’honnêteté…

Cette aventure de l’existence, elle a su la maîtriser malgré tous les obstacles qu’elle a vaillamment surmontés. Maîtresse de maison, toujours aussi active, accueillante, souriante empressée, attentive, elle a résolu de ne point baisser les bras. Byblos, sa ville chérie c’est vrai n’est plus ce bourg où tout le monde se connaissait et où la vie était des plus paisibles. La construction, ‘sauvage’ a quelquefois, changé son visage. Mais, les quartiers antiques sont grâce à Dieu protégés… une autoroute et des voies routières l’ont déformée, mais les gens, les habitants sont toujours bons et aimables. C’est une chance de vivre à Byblos, ou dans sa banlieue : c’est une des plus anciennes citées de la planète, entre UR, Babylone, et Nivine d’un côté… Athènes, Rome et Alexandrie de l’autre… et Byblos l’Unique, qui fut Reine de la Méditerranée et centre de rayonnement universel…

A Byblos, Andrée continue de moissonner les rêves de l’Orient, de cueillir des étoiles dans la roseraie qu’elle avait plantée dans sa jeunesse. Quant aux enfants, Marina, Madona, William et Jean-Pierre, ils trouvaient que la présence de leur mère handicapée était absolument nécessaire, une présence souriante, une mère avec qui ils nouaient une profonde amitié… malgré leur absence, souvent de la maison, les quatre sont toujours présents : ils continuent à participer à la vie commune joyeusement et avec amour; en fait les enfants, devenus majeurs continuent à être des enfants aux yeux de leurs parents.

Joseph Matar
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