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Andrée
– ma femme (Suite)
Mais
un jour, elle alla avec des amis, voir au Carlton l’exposition d’un
peintre qui revenait d’Espagne et de France et était le compagnon
d’Ichkanian, le musicien guitariste qui faisait partie du cercle.
Ce soir là, comme par hasard, un ouragan, un orage, une tempête,
soufflèrent si fort qu’ils déstabilisèrent
l’âme de la jeune Andrée qui visitait l’exposition.
Le peintre n’était pas présent lors de la visite,
mais les œuvres exposées l’impressionnèrent tant
qu’elle en garda le souvenir… Il y avait parmi elles, une
peinture représentant trois flamboyants rouges. L’orage se
calma en une eau limpide et tranquille. Il pouvait éclater de nouveau
n’importe quand. L’exposition terminée, le peintre
avait emporté ses œuvres à Jounieh dans son atelier
et Andrée qui s’était informée de l’artiste
avait repris son travail dans le sien, place des martyrs où des
clients de la haute société libanaise et arabes affluaient…
et les mains et les doigts des contes de fées d’Andrée
ne cessaient de réaliser de belles pièces vivantes, agréables.
La couture est un travail de créativité et de main de fée.
Ces mains qui nous accompagnent toute la vie, inlassables font leur travail,
mains animées, énergiques, libres, mains qui ont une âme,
et qui pensent.
La main est un membre muet et aveugle, mais qui nous parle et observe…
et c’est grâce à elle que l’homme a pu évoluer,
grâce à ce pouce opposable aux autres doigts et qui permet
toute manipulation. La main avec ses cinq doigts et la paume et le poignet
est capable de se mouler sur les formes qu’elle manipule. Main gauche
ou droite elles sont construites l’une comme l’autre et elles
ont les mêmes aptitudes. Par les mains, nous pouvons exprimer notre
amour, presser contre notre cœur les personnes chéries, ce
que peuvent nos mains est infiniment varié : ces dix doigts des
deux mains, couturiers, artistes, musiciens, jongleurs, etc… artisans
etc… scribes, les ont agités sous tous les angles, mains
agiles, souples, adroites, capables de merveilles. Les premiers contacts
avec l’univers et l’existence ont été assurés
par les deux mains. Avec elles, nous avons mesuré l’espace,
nous avons compté, et calculé ; avec elles, nous avons modelé
l’écriture ; les gestes de la main soulignent l’élan,
le rythme, la mimique de la parole. Il y eut synchronie entre la voix
et la main. Entre la main et l’outil se crée une amitié
illimitée : les outils ici sont les ciseaux, l’aiguille,
le fil etc… l’une communique à l’autre ses actes,
sentiments, vie en façonnant cette matière tissée
qu’est l’habit… l’instrument inerte par le biais
de la main, devient vie… ce contact, mains – matériaux
‘humanise’ l’usage des matériaux inertes et insensibles
et desquels se dégage la vie. La main touche, palpe, caresse, mesure,
modèle, pétrit, Adam n’a-t-il pas été
pétri par les mains de Dieu ? … et les mains de Rodin ont
figuré l’œuvre des six jours ?
Andrée était pleine d’amour pour sa carrière,
de goût dans ses confections, et de savoir-faire en modelant les
draperies sur le corps humain ; son œil observait juste, elle mesurait
à vue la moindre déformation, le manque d’harmonie,
d’élan, etc… et elle savait y remédier convenablement.
Dieu l’avait dotée de deux mains d’artiste d’une
subtilité, habileté, capacité, et vie remarquables.
Le tissu entre ses mains alertes, habiles cessait d’être matière
et devenait amour, vie, sentiment, forme, etc… N’ai-je pas
dit plus haut, qu’elle aimait sa carrière et qu’elle
s’exprimait à travers ses œuvres.
La vie à Beyrouth, avec ses ‘tramways’ et ses ruelles
typiques était des plus calmes. La vie était programmée
autrement qu’aujourd’hui. Elle passait la plus grande partie
de son temps en son atelier. Elle venait de temps à autre visiter
des parents dans son fief à Jbeil, ou faisant des sorties les dimanches,
ou camping, ou assister à un spectacle, à un film etc…
Sous l’eau calme, une houle légère s’éleva
dans l’âme solitaire d’Andrée.
Entre l’atelier et la maison de ses vieux parents, la vie devenait
monotone. Une après-midi, ayant pris quelques gorgées d’audaces,
elle se présenta tenant trois flamboyants rouges, à la porte
de l’atelier, du peintre qui avait exposé au Carlton. Ce
dernier vivait dans une ancienne demeure avec sa maman.
Elle fut reçue très agréablement, et elle désira
acquérir la toile représentant ses fleurs. Ce fut le premier
contact. D’Andrée et de Joseph. La maman de ce dernier la
sympathisa et demanda à son fils, c’était moi, de
penser à se marier : ce serait une conjointe intelligente et honnête
et de bonne famille… « je la trouvais aimable, jolie, ».
Les visites se succédèrent, les invitations de part et d’autre,
des sorties entre amis. Elle était animée de sentiment,
passionnée du beau, véritable amante de la nature, elle
y découvrait des beautés qui échappent à l’œil
de l’indifférent. Elle savait les idéaliser dans ces
conceptions ‘vestimentaires’ et en combiner des éléments
pour y donner une empreinte de sa personnalité. Elle cherchait
partout la simplicité, malgré le luxe des fêtes, l’éclat
des costumes de soie et de brocante, et les vives impressions de la richesse
d’effets et de couleurs dans les soirées de galas qui se
produisaient de temps à autres. Elle savait même reproduire
de l’antique ; 17-18ème siècle par exemple, pour en
faire pour un défilé, des costumes de toute beauté
et simplicité, noblesse et vérité. Faisant appel
à son imagination pour un développement contemporain nécessaire
et fonctionnel, surtout pour la jeunesse de notre temps qui se trouve
dans des conditions autres, différentes…car la couture, la
mode, l’habillement, évoluent avec la civilisation, les époques.
La vraie hardiesse, celle que l’on peut admirer chez les grands
couturiers résulte du sentiment développé par l’étude
et la recherche. Elle travaillait consciencieusement, elle cherchait la
perfection en tout, elle refusait catégoriquement le travail à
moitié. Patience et volonté allaient de pair. Minutieuse
comme une fourmi, combative et hardie pour la justice, le bien, les valeurs.
Le mensonge, le laisser-aller dans sa vie n’avaient pas de place.
La franchise, la clarté, l’honnêteté étaient
à la base de tout accord, contrat, projet, dans l’atelier
ou dans l’enseignement ; si elle remarquait que l’élève
n’assimulait pas, ne progressait pas, elle en arrêtait l’enseignement
et lui expliquait qu’il n’était pas fait pour la couture,
et lui remboursait les une ou deux leçons prises. De là,
vous pouvez vous faire une idée de cette personne qu’était
Andrée. La houle profonde qui soulevait alors son âme, devint
violente et perturba son cœur et troubla sa vie. Que venait elle
faire près du feu qui couvait, aveugle, rapide et insaisissable
?
Près de quel foyer ardent s’était elle aventurée
? Quelle tempête avait-elle voulu défier ? Un orage, un tsunami
aussi rapide et insaisissable que la lumière. Le rythme de sa vie
se trouva complètement bouleversé. Une course dans le temps,
contre la montre allait commencer. L’existence qu’elle avait
connue jusque là devint du passé. Les serviteurs, la cuisinière,
le chauffeur… c’était du jadis, ce fut le début
des songes des nuits d’Orient ; ce fut l’évasion dans
le monde poétique ; ce furent les nuits blanches dans un cycle
de créativité continu, ce fut l’infatigable bûcheur,
artiste, artisan que j’étais, qui lui ouvrit de nouveaux
chemins…
… et un samedi soir, vers 16h, un mois de mai, le mois de la Vierge
Marie, Andrée se vit avec quatre ou cinq personnes très
intimes dans une église à Harissa recevant la bénédiction
nuptiale…
Elle s’était lancée dans cette aventure merveilleuse
où génie et folie sont le plat quotidien, cette aventure
où tout est renouvellement, surprise, émotion de spontanéité,
de singularité… d’évasion, de poésie…
Une vie au rythme vertigineux, matins et soirs, nuits et jours, un mouvement
perpétuel révolutionna son existence. Elle vint vivre à
Jounieh sans abandonner ses parents, fille unique, à laquelle ils
étaient très attachés. Andrée dû liquider
son atelier, et le laisser à son associée. Mais elle continua
l’enseignement. Elle devait s’occuper de ses élèves…
et de ses enfants, car en l’espace de trois ans quatre enfants étaient
déjà là, objet de toute attention.
Les enfants choyés, éduqués, bien entourés
éveillés, couraient derrière le père partout,
et l’accompagnaient dans ses activités… ils mettaient
la main partout. Courageuse, Andrée pu faire face à sa nouvelle
vie.
Des sorties dans la nature furent organisées souvent, les Cèdres,
le Sannine, Tyr, la Bekaa, tout le Mont Liban ; on vivait près
de la nature entre amis ; des soirées étaient souvent organisées
; des sorties à la plage… les enfants étaient épanouis,
heureux ; c’était l’hymne le plus joyeux qu’on
pouvait admirer, écouter…
Une famille qui aimait la lumière, le soleil ; une famille croyante
et bénie par le Seigneur, l’optimisme avait sa grande place
dans leur cœur. La famille était parfaitement unie chacun
était dilué dans l’ensemble. L’égoïsme
n’avait pas de place dans leur cœur ; le verbe ‘avoir’
ne se conjuguait jamais à la 1ère personne du singulier.
Les enfants formaient une petite troupe, une armée qui sème
l’amour ;
un front de refus qui n’admet aucune injustice, aucun tort à
autrui, aucune atteinte à l’autre… d’ailleurs
c’était un peu cela dans la majorité des familles
de la région. La bénédiction et la grâce du
Seigneur était dans le menu quotidien. La famille libanaise était
généralement très unie. La pollution, le désordre,
les drogues etc… et tout ce qui détruit l’âme
humaine n’étaient pas dans l’actualité et n’envenimaient
pas les esprits.
Les enfants furent baptisés ; chaque baptême fut suivi d’une
grande fête et festin. La famille était très aimée
et estimé dans la région.
Andrée tenait encore les rênes, quand un beau matin, un événement
nous surprit. Il fallut hospitaliser Andrée pour une biopsie. C’était
urgent ; une journée d’hôpital, et les résultats
des analyses et cultures furent prêtes en deux ou trois jours. On
rentra à la maison, toujours pleins d’espoir et ayant foi
en Dieu. Le résultat s’avéra dangereux : une tumeur
maligne au niveau du sein. Andrée ayant su la gravité de
son cas accepta courageusement la nouvelle : « je lutterai pour
servir les quatre enfants ». Une semaine d’hôpital et
un long traitement et d’autres opérations devaient suivre
à l’Hotel-Dieu de France. La Providence voulut que Marie
Onsi, l’épouse d’Omar, ait su et demanda un dossier
entier sur Andrée qui fut étudié dans la clinique
Saint Luc en Suisse, et les médecins présentèrent
un traitement miraculeux. Andrée fut sauvée, grâce
à Dieu ! les enfants continuèrent à grandir, à
s’éduquer, se former etc…
Les étés, on les passait à Faraya et à la
mer. Des fois, on passait l’été en Europe, France,
Italie, Espagne etc… mais à tour de rôle, quand je
prenais les deux filles, les deux garçons restaient avec leur maman,
et quand venait le tour des garçons, c’était Andrée
qui les accompagnait. On faisait des tournées dans l’antique,
la rustique et pittoresque Beyrouth d’avant les événements
– en 1975, il y eut une rupture, un arrêt de toute activité.
Se déplacer devint périlleux. Nous avions aménagé
un petit abri dans le sous-sol de l’immeuble à Jounieh, et
dés que les hostilités débutaient, chacun courait
y prendre sa place, mais les belligérances devinrent plus farouches
et meurtrières, on décida de construire dans le plus bref
délai un pied à terre à Eddé-Byblos, et en
1980 la famille se trouva divisée ; les enfants scolarisés
à Champville dormaient à Jounieh (Madonna, Jean-Pierre)
et William, sa mère et Marina vivaient à Eddé. Les
week-ends la famille se retrouvait réunie.
Tous les Libanais de la montagne ont un souci ; celui de donner un bon
enseignement à leurs enfants. Dans le temps, les écoles
étaient créées autour de l’église du
village, du chêne, car à côté de chaque sanctuaire
religieux étaient plantés, un chêne vert, ou un noisetier,
bref un arbre de fées, comme au temps de Jeanne d’Arc.
Le curé donnait ses cours parfois aux élèves sous
le chêne ; d’ailleurs, le dicton pour un diplômé,
disait : Diplômé de l’école sous le chêne,
et que de sommités ont été formées dans ces
écoles-là ! Pour les études supérieures, il
fallait s’adresser aux ordres religieux tel l’ordre Libanais
qui depuis le XV-XVII siècle avaient sa Faculté des lettres,
philosophie, théologie etc… ces derniers envoyaient leur
religieux pousser leurs études universitaires en Europe, Italie,
Espagne, ou France etc…où ils étudiaient aussi les
langues étrangères etc…
Le Libanais a toujours eu une passion pour les études, la connaissance,
le savoir. Le premier alphabet qu’il créa, n’est-il
pas toujours inscrit dans ses gènes ? Terre de lumière,
de rochers, d’arbres, de liberté etc…, nous avons éduqué
la planète entière depuis plus de trois ou quatre millénaires…
l’analphabétisme n’a point de place ici, garçons
et filles sont égaux devant le savoir et devant Dieu, la justice,
les principes etc…Au Liban et dans certaines communautés
en particulier la femme avait ses droits bien avant la déclaration
des droits de la femme. Elle pouvait faire son choix librement, se marier
ou rentrer dans les ordres… devenir directrice de couvent, acquérir
un métier, sage-femme, couturière, pâtissière,
cuisinière… brodeuse etc…
La femme libanaise est à égalité maîtresse
de maison et maman des enfants, présidente d’associations
de tout genre, animatrice de réceptions mondaines ou familiales.
Puis les enfants sont entrés dans les universités ; chacun
a commencé sa vie, vécu ses passions, choisi ses amis, ce
qui va libérer Andrée de trop d’engagements, et la
libérer de son tourbillon d’époux pour jouir de plus
de calme et de répit…
Elle va planifier ses sorties, ses programmes avec ses enfants…
elle se sent plus libre, moins stressée et elle pourra suivre le
rythme de son âme, de son caractère.
Pendant tout ce temps, elle n’avait cessé de confectionner,
et d’habiller enfants, filles, parents, et gens du voisinage…
et amis… Elle travaillait en silence avec amour et patience comme
une fourmi…
Le climat à Eddé lui était bénéfique
l’air est plus sec et plus pur qu’à Jounieh. Elle me
disait souvent : « que de travail a faire dans cette boite, plus
que dans un restaurant, ou un hôtel. » en réalité,
notre maison débordait de gens, matins, midis et soirs, et la nuit
quelquefois !
La maison fut agrandie, l’atelier de peinture occupa un étage
entier… des fois, où les bombardements s’intensifiaient,
on se trouvait plus de vingt ou trente personnes et nous étions
très heureux de les servir et d’en être les hôtes,
on avait du personnel pour les travaux et le maintien de l’ordre
de la maison.
Pourquoi ne pas aller chercher une famille de la Syrie : père,
mère, enfants ? Qui chez nous pourraient faire tout le service
et gagner leur vie ; ils seraient parmi tous ces ouvriers qui travaillaient
avec nous ». A l’époque j’avais un étrange
Alepin qui travaillait ici. C’est lui qui l’avait encouragée
pour une pareille affaire. Nous étions vers les années 1989-1990,
les tristes événements du Liban venaient de prendre une
autre tournure : la Syrienne.
En réalité, il faut le dire, ce qui fut vraiment blessant
ce fut la guerre entre pays frères, comploteurs, des mains criminelles,
ont pu mobiliser leurs agents pour la traîtrise, la lâcheté,
la destruction de toutes nos régions…
Après maintes discussions à la maison, on put choisir qui
accompagnerait Andrée jusqu’à Alep. Une tournée
touristique et d’affaire à la fois. Un conseil de famille
avait proposé que Madona accompagnerait Andrée, puis on
opta pour Marina, et enfin ce fut William qui fut choisi, Jean-Pierre
qui les accompagnait jusqu'à Tripoli pour les installer en Pullman,
leur avait réservé les sièges 1et 2 juste derrière
le conducteur. William en entrant dans le Pullman vit que deux demoiselles
s’étaient assises aux sièges 1 et 2 et en vrai gentleman
n’en dit rien et ils allèrent s’asseoir au fond de
l’autocar. A quelques kilomètres d’Alep un malheureux
accident se produisit qui fit plus d’une trentaine de victimes et
les quatre ou cinq survivants ne résistèrent pas tous à
leurs blessures.
Andrée en sortit complètement fracturée, brisée,
blessée et environ une trentaines de fractures, ce qui nécessita
plus de trois ans d’hospitalisations et de soins. Quant à
William, des dizaines de blessures, fractures excessivement graves. Le
Seigneur les avait épargnés…
Courageuse, elle s’efforce de lutter, plus farouche, plus audacieuse,
plus combative, plus persévérante… et bientôt
se retrouva debout, active, vivante…
Puis les enfants se marièrent les uns après les autres sauf
un, William. Elle eut bientôt à faire face à des préoccupations
de jeunes, « téta » de nombreuses petites filles l’entourent,
courant de tous côtés à son plus grand plaisir…
Elle réussit à nouveau à exercer ses mains et ses
doigts afin de pouvoir pratiquer ce qui avait été longtemps
sa passion. La confection, et elle y parvint, cela l’occupait des
heures… elle n’était pas du type de femme qui fainéantise
devant les T.V. elle était une personne active emportée
dans une houle sans répit. Elle croit beaucoup à la Providence,
que nous appelons nous, la chance, elle se dit la vie n’est pas
la science, les titres et les capacités etc… tout cela ne
représenté plus pour elle que dix pour cent, les quatre
vingt dix autres dans la vie, c’est la chance, ce que nous accorde
le Créateur… Quand la bonne étoile se présente
il faut savoir lire ce qui est écrit dans les étoiles.
Il lui y est écrit de persévérer dans sa lutte, de
ne pas capituler, d’être éternellement forte.
Elle trouve aussi occupation dans l’éducation d’une
nouvelle génération, ses petits enfants : curieusement sept
filles pour le moment, nombre mystérieux, toutes adorables, intelligentes
et rebelles quelquefois.
Andrée n’est plus la jeune femme des années soixante,
mais elle est toujours la même dans sa sincérité,
sa simplicité, son amour pour autrui, dans la droiture et l’honnêteté…
Cette aventure de l’existence, elle a su la maîtriser malgré
tous les obstacles qu’elle a vaillamment surmontés. Maîtresse
de maison, toujours aussi active, accueillante, souriante empressée,
attentive, elle a résolu de ne point baisser les bras. Byblos,
sa ville chérie c’est vrai n’est plus ce bourg où
tout le monde se connaissait et où la vie était des plus
paisibles. La construction, ‘sauvage’ a quelquefois, changé
son visage. Mais, les quartiers antiques sont grâce à Dieu
protégés… une autoroute et des voies routières
l’ont déformée, mais les gens, les habitants sont
toujours bons et aimables. C’est une chance de vivre à Byblos,
ou dans sa banlieue : c’est une des plus anciennes citées
de la planète, entre UR, Babylone, et Nivine d’un côté…
Athènes, Rome et Alexandrie de l’autre… et Byblos l’Unique,
qui fut Reine de la Méditerranée et centre de rayonnement
universel…
A Byblos, Andrée continue de moissonner les rêves de l’Orient,
de cueillir des étoiles dans la roseraie qu’elle avait plantée
dans sa jeunesse. Quant aux enfants, Marina, Madona, William et Jean-Pierre,
ils trouvaient que la présence de leur mère handicapée
était absolument nécessaire, une présence souriante,
une mère avec qui ils nouaient une profonde amitié…
malgré leur absence, souvent de la maison, les quatre sont toujours
présents : ils continuent à participer à la vie commune
joyeusement et avec amour; en fait les enfants, devenus majeurs continuent
à être des enfants aux yeux de leurs parents.
Joseph
Matar
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