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Méditations
et variations concernant mes palettes, écrites
à Paris en Novembre 1993 et au Liban en Septembre 2005
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| Composition
d'Anémones

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Tu es là à me
défier, pourquoi? Tu es si agressive et chatoyante
à la fois… étalant ton charme sans crainte.
On ne peut te violer. Les mains saintes et pures, seules
peuvent t’aborder et pétrir tes substances
de lumière. Ces matières qui se métamorphosent
en lumière en traversant les âmes… matières
et lumières mélangées les unes sur
ta surface les autres en mon cœur.
Toute la représentation picturale, toutes les expressions,
la créativité transitent sur ta surface vivante
et coulent en mélodie, chant, poème, amertume
et bonheur.
Je te contemple, j’observe la répartition des
pigments sur tes bords…
J’ai appris à répartir ces substances
en commençant par les jaunes, les rouges, et enfin
les bleues, en gardant les blancs et les noirs aux deux
extrémités de l’échelle chromatique.
D’autres ont opté pour une autre répartition,
couleurs chaudes d’un côté froides de
l’autre. Tu es toute vie, toute lumière, je
sens la chaleur de ton existence, la circulation qui t’anime,
tu respires, tu parles, tu es ce printemps fleuris où
l’on trouve des fleurs de toutes les couleurs : l’amandier
rose, les grenadiers, l’olivier... les sols arides
ou verdoyants, l’éther vaporeux et lointain,
l’eau, les cascades et les reflets. Tu es ce firmament
où l’on cueille les astres, cette allégorie
où les muses se mêlent aux fées, où
les dieux de l’Olympe siègent l’un patronnant
les beaux arts, l’autre la guerre ou les sciences...
Tu es Suzanne au bain, les Pèlerins d’Emmaüs,
les Femmes d’Alger… Que de chefs d’œuvres
existent… et tous ont passé par toi. La grande
muette, l’obéissante, tu supportes, tu comprends,
tu ne contestes ni parlementes… tu es ce Sphinx qui
observe et médite.
Eddé
ce 14/09/05
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Maaloula
l'Araméenne

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Palette objet matériel
symbole et mythe à la fois, dans les librairies tu
es ce morceau de bois au poids nul mais une fois individualisée
tu deviens richesse, carrière de pierres précieuses,
mine sans fond, inépuisable. Ne dit-on pas sa palette
est riche, couleurs de sa palette, pattes et matières
colorées qui coulent de sa palette, palette source
de lumière… ?
Mon histoire avec ma palette a débuté depuis
plus de soixante ans et elle n’aura jamais de fin,
la légende continuera dans le temps et l’espace,
même dans l’au-delà.
Sur toi c’est écrasé l’arc-en-ciel
le plus sensationnel et tu as été réduite
en un autre univers qui m’appartient, univers féerique,
univers de prières, de valeurs, de poésie…
Sans toi, les ateliers sont vides… tu es comme la
démocratie parmi les nations, tu es cette liberté
qui nous rappelle qu’on est libre…
Palette ma fierté, te presser contre mon cœur
avec ce paquet de pinceaux me donne cette unique sensation
que toi et moi nous sommes unis pour l’éternité.
Eddé
ce 14/09/05
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| Cinquième
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